25 mm à 23 m/s
Le grêlon de qualification de la norme, soit environ 83 km/h
IEC 61215 (essai grêle)
Thermographie
Après un épisode de grêle, une ombrière peut sembler intacte à l'œil nu alors que ses cellules sont fissurées. Ce que révèle une image thermique change le diagnostic — et le niveau de risque.
25 mm à 23 m/s
Le grêlon de qualification de la norme, soit environ 83 km/h
IEC 61215 (essai grêle)
≤ 5 %
Perte de puissance tolérée pour valider cet essai
IEC 61215 (essai grêle)
1 mois
Délai recommandé pour un contrôle IR, UV ou EL après l'épisode
US Department of Energy (FEMP)

Après un orage de grêle, le réflexe est de faire un tour visuel de l'installation : impacts sur les vitrages, éclats sur les cadres, modules visiblement fendus. Si rien ne saute aux yeux, le dossier est classé sans suite. C'est précisément là que le risque se loge.
Un module photovoltaïque peut absorber un impact sans casse apparente en surface tout en subissant une fissuration de la cellule en dessous. Le Department of Energy américain est explicite sur ce point : la grêle provoque des dommages invisibles par fissuration de cellules à des diamètres et des vitesses inférieurs à ceux qui suffiraient à briser le verre. Autrement dit, le verre intact n'est pas une preuve que l'installation a été épargnée.
La résistance à la grêle des modules photovoltaïques est qualifiée par la norme IEC 61215. L'essai consiste à projeter des billes de glace de 25 mm de diamètre à 23 m/s — environ 83 km/h — sur onze points du module. Le module passe si le verre n'est pas brisé, si la puissance ne baisse pas de plus de 5 % et s'il satisfait encore un essai d'isolement en conditions humides.
| Projectile | Bille de glace de 25 mm de diamètre |
|---|---|
| Vitesse d'impact | 23 m/s, soit environ 83 km/h |
| Nombre de points d'impact | 11 emplacements sur le module |
| Critères de réussite | Verre non brisé, perte de puissance inférieure ou égale à 5 %, essai d'isolement humide satisfait |
| Statut | Exigence minimale : les essais à diamètre et vitesse supérieurs existent mais restent optionnels |
Ce point mérite d'être compris pour ce qu'il est : une exigence minimale. Des essais à diamètre et vitesse supérieurs existent dans la norme, mais ils sont optionnels et la grande majorité des fabricants ne les demande pas. Une revue de la littérature publiée en 2025 dans la revue Technologies souligne que les épisodes de grêle réels dépassent fréquemment les conditions prévues par l'essai, avec pour conséquences des bris de verre, des microfissures et des défauts électriques. La certification dit que le module a résisté à un grêlon de calibre défini en laboratoire ; elle ne dit rien de l'orage qui est passé sur votre parking la semaine dernière.
Une cellule fissurée ne cesse pas de produire du jour au lendemain. Le problème est progressif. La fissure peut s'étendre au fil des cycles thermiques — chaud le jour, froid la nuit — et la portion de cellule isolée du circuit continue de chauffer sans produire. C'est un point chaud. Le Department of Energy relie directement ces microfissures à une baisse de production et à une augmentation du risque de point chaud et d'incendie.
Le mécanisme électrique en bout de chaîne est documenté. Les arcs électriques en courant continu font l'objet d'une littérature technique dédiée sur les installations photovoltaïques, et des travaux expérimentaux publiés en 2025 montrent qu'un arc série peut enflammer les matériaux électriques courants d'une installation. Une connexion dégradée par la chaleur répétée d'un point chaud fait partie des conditions qui peuvent y conduire. Sur une ombrière de parking, au-dessus de véhicules et de public, ce n'est plus seulement une question de rendement.
Le Department of Energy recommande, après un épisode de grêle, un contrôle par imagerie infrarouge, par fluorescence ultraviolette ou par électroluminescence, réalisé dans le mois qui suit, pour chercher les dommages invisibles. Trois méthodes, pas une seule — et c'est une nuance qu'il faut poser honnêtement.
Une étude publiée dans Renewable Energy sur la détection en extérieur des dommages de grêle conclut que l'électroluminescence et la fluorescence UV sont le meilleur choix pour caractériser ces dommages, et que la thermographie n'arrive qu'en second choix. Les auteurs documentent des cas de modules dont le verre avait résisté, sans dommage visible à l'œil nu ni bien identifiable en thermographie, alors que les cellules étaient endommagées.
Nous préférons le dire plutôt que de le passer sous silence : la thermographie n'est pas la méthode de référence pour caractériser une microfissure. Son rôle est ailleurs, et il est décisif. C'est le seul outil qui permette de balayer un site entier en une intervention, de repérer les zones qui se comportent anormalement et de dire où il faut regarder de plus près. L'électroluminescence donne un diagnostic plus fin, mais elle ne se déploie pas à l'échelle d'un parc d'ombrières au même coût ni dans le même temps. La thermographie sert à trier et à prioriser ; elle évite surtout l'écueil inverse, qui est de conclure à partir d'une inspection visuelle qui ne montre rien.
Pour un Asset Manager ou un directeur de site, une ombrière endommagée et non détectée continue de fonctionner en apparence tout en accumulant un risque diffus : perte de production progressive, vieillissement accéléré des zones touchées, et exposition à un défaut électrique qui ne sera identifié qu'au moment où il devient un incident. Trois repères pratiques :
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